Conforme2026
guide métier — Commissaires de justice (huissiers)

Commissaire de justice (huissier) et facturation électronique 2026 : calendrier, débours et tarif réglementé

Un commissaire de justice change de nom au moment même où sa facturation change de format : le titre « huissier de justice » a définitivement disparu le 1er juillet 2026, tandis que la facturation électronique s'impose à son étude comme à n'importe quelle entreprise. Deux mutations qui tombent la même année, sur une profession que zéro guide concurrent n'a encore traitée sous cet angle.

Êtes-vous concerné ?

Oui : une étude de commissaire de justice est une entreprise assujettie à la TVA comme une autre. Elle doit pouvoir recevoir des factures électroniques de ses propres fournisseurs (matériel, logiciel métier, véhicules, sous-traitance) dès le 1er septembre 2026, et devra émettre ses propres factures B2B en format électronique à partir du 1er septembre 2027 pour la quasi-totalité des études, qui relèvent de la catégorie TPE/PME. Ce calendrier est identique à celui déjà détaillé sur ce site pour les avocats et les notaires — deux professions réglementées à débours, avec lesquelles le commissaire de justice partage plus de contraintes qu'il n'y paraît.

Les points de vigilance propres à votre métier

01

Huissier de justice, commissaire de justice : une seule profession, un nom qui vient de basculer définitivement

Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires ont fusionné en une profession unique, le commissaire de justice. Les professionnels en exercice avaient pu continuer à utiliser leur ancien titre à titre transitoire pendant quatre ans, mais cette tolérance a pris fin : le titre « huissier de justice » a définitivement disparu le 1er juillet 2026. Concrètement, si vous cherchez encore un « huissier » en ligne par habitude, c'est un commissaire de justice que vous trouverez désormais sur tous les documents et supports officiels d'une étude — mentions comprises sur les factures.

02

Les débours du commissaire de justice : ce que la réforme ne change pas

Une note de débours n'est pas une facture, elle n'entre donc pas dans le champ de la facturation électronique. L'article 267, II, 2° du Code général des impôts exclut de la base de TVA les sommes qu'un intermédiaire avance au nom et pour le compte de son client, à condition d'en rendre compte exactement, de les comptabiliser dans un compte de passage dédié et d'en justifier la nature et le montant exact auprès de l'administration. Pour un commissaire de justice, cela couvre typiquement les sommes avancées pour rémunérer des tiers intervenant physiquement dans un acte — serrurier, témoin, concours de la force publique — ainsi que certains droits d'enregistrement propres à la profession. Tant que ce régime de compte de passage est respecté, ces montants restent hors du format structuré de la facture électronique, exactement comme aujourd'hui. Ce qui, en revanche, entre bien dans le champ de la réforme, c'est l'émolument ou l'honoraire lui-même, facturé au client final.

03

Tarif réglementé et prestations libres : deux logiques à distinguer sur une même facture

La profession applique deux régimes de facturation bien distincts, et une étude qui traite un dossier de recouvrement peut les cumuler sur un même client. D'un côté, les actes tarifés — significations, mesures d'exécution, injonctions de payer — sont facturés selon un barème fixé par arrêté du garde des Sceaux et périodiquement révisé : le dernier en date, l'arrêté du 25 février 2026, est entré en vigueur le 1er mars 2026 pour la période 2026-2028. Ce barème n'est pas négociable et varie selon la nature exacte de chaque acte ; mieux vaut se référer directement au tarif à jour publié par la Chambre nationale des commissaires de justice qu'à un montant figé dans un article, tant les révisions sont fréquentes. De l'autre côté, les prestations libres — constats, consultations, recouvrement amiable — sont facturées à honoraires libres, comme une prestation intellectuelle classique. Pour la facture électronique, la distinction compte concrètement : le format structuré impose de faire correspondre chaque poste de la facture à sa nature réelle (acte tarifé au barème réglementé, ou prestation libre), ce qui suppose que votre logiciel métier ou votre Plateforme Agréée sache déjà faire cette distinction avant de basculer en 2026-2027.

04

Recouvrement de créances commerciales : une exposition B2B plus forte que chez le notaire ou l'avocat

Une part significative des actes d'un commissaire de justice est commandée par des entreprises — recouvrement de créances commerciales pour des sociétés, significations à la demande de cabinets d'avocats, exécution de décisions pour des syndics ou des bailleurs professionnels. Cette exposition B2B, plus large que celle d'un notaire (dont l'essentiel de l'activité vise des particuliers) ou d'un avocat en droit de la famille, signifie que le circuit de facturation électronique de l'étude touchera plus vite et plus largement son quotidien : dès le 1er septembre 2026, les grandes entreprises et ETI clientes émettront elles-mêmes leurs propres factures en électronique, et attendront de savoir par quelle Plateforme Agréée joindre l'étude en réception. Le choix d'une plateforme capable de gérer à la fois les actes tarifés, les débours en compte de passage et les prestations libres devient un critère de sélection à part entière — voir notre comparateur des Plateformes Agréées et notre simulateur pour affiner ce choix selon le profil de l'étude.

05

Facture électronique et preuve d'un impayé : un renforcement, pas une révolution

Le passage par une Plateforme Agréée laisse une trace structurée et horodatée du cheminement de chaque facture, ce qui peut faciliter la constitution d'un dossier de preuve en cas de contentieux sur un impayé. Cela ne change cependant pas les conditions légales de valeur probante d'une facture électronique, fixées par l'article 289 du Code général des impôts : signature électronique qualifiée, échange de données informatisé (EDI) fiscal, ou piste d'audit fiable. La responsabilité de l'archivage à valeur probante sur la durée légale reste celle de l'assujetti, pas celle de la Plateforme Agréée. Pour un commissaire de justice, dont le métier consiste justement à sécuriser des preuves pour ses clients, ce point mérite d'être suivi de près plutôt que présenté comme un bouleversement acquis d'avance.

Questions fréquentes

Q.Un commissaire de justice (ex-huissier) est-il concerné par la facturation électronique en 2026 ?

Oui, comme toute entreprise assujettie à la TVA : réception obligatoire des factures électroniques de ses fournisseurs dès le 1er septembre 2026, émission de ses propres factures B2B à partir du 1er septembre 2027 pour la quasi-totalité des études (TPE/PME).

Q.Faut-il dire « huissier de justice » ou « commissaire de justice » sur les documents et factures ?

« Commissaire de justice » est le seul titre légal depuis la fusion du 1er juillet 2022, et l'ancien titre « huissier de justice » a définitivement disparu le 1er juillet 2026. Le grand public continue toutefois à chercher « huissier » par habitude, d'où l'usage encore fréquent des deux termes dans la communication commerciale.

Q.Les débours (serrurier, témoin, force publique) passent-ils par la facture électronique ?

Non : une note de débours n'est pas une facture. Tant que les sommes avancées sont comptabilisées dans un compte de passage et justifiées exactement à l'administration (article 267, II, 2° du CGI), elles restent hors du champ de la facturation électronique. Seul l'émolument ou l'honoraire facturé au client final entre dans le format structuré.

Q.Le tarif réglementé des actes change-t-il avec la facturation électronique ?

Non, le montant des actes tarifés (significations, mesures d'exécution) reste fixé par arrêté et révisé périodiquement, indépendamment de la réforme. Ce qui change, c'est la nécessité de faire correspondre chaque poste de la facture — acte tarifé ou prestation libre — au format structuré exigé par la Plateforme Agréée.

Q.La facturation électronique aide-t-elle à prouver un impayé ?

Elle peut y contribuer, en laissant une trace structurée et horodatée du cheminement de la facture, mais elle ne change pas les conditions légales de valeur probante (signature électronique qualifiée, EDI fiscal, ou piste d'audit fiable, article 289 du CGI). La responsabilité de l'archivage reste celle de l'étude, pas celle de la Plateforme Agréée.

Q.Quelle Plateforme Agréée choisir pour une étude de commissaire de justice ?

Le critère à vérifier en priorité est la capacité de la plateforme à gérer séparément les actes tarifés, les prestations libres et les débours en compte de passage sur une même facture. Notre comparateur recense les plateformes immatriculées par la DGFiP pour affiner ce choix selon le profil de l'étude.

Votre situation précise en 5 questions

Le diagnostic gratuit vous dit exactement où vous en êtes et quoi faire en premier.

Information générale, non constitutive d'un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Pour la qualification de votre situation, rapprochez-vous de votre expert-comptable ou de votre conseil habituel.