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Facturation électronique : le vrai niveau de retard des TPE, chiffré par deux études 2026

Une majorité de TPE françaises n'avait pas encore choisi sa Plateforme Agréée au printemps 2026, alors que l'obligation de réception des factures électroniques s'applique à toutes les entreprises assujetties dès le 1er septembre 2026. Deux études indépendantes menées cette même année, auprès de plusieurs centaines de dirigeants, donnent des chiffres précis sur ce retard — plus large que ce que beaucoup imaginent. Voici ce qu'elles disent réellement, et le plan pour rattraper le retard sans paniquer.

Le retard des TPE, chiffré par deux études 2026

Selon une étude Ifop menée pour le Conseil National du Réseau Cerfrance auprès de 600 dirigeants clients-adhérents (entretiens téléphoniques du 7 au 27 avril 2026, 300 issus du secteur agricole et 300 du commerce et des services), 63 % des dirigeants interrogés avaient déjà choisi une Plateforme Agréée, contre 36 % qui ne l'avaient pas encore fait à cette date. L'écart se creuse nettement selon la taille : 70 % des entreprises employant au moins un salarié avaient déjà fait leur choix, contre 61 % des entreprises individuelles sans salarié.

Une étude OpinionWay pour Qonto, menée en ligne du 16 au 22 mars 2026 auprès de 303 dirigeants d'entreprises de moins de 10 salariés (méthode des quotas), va dans le même sens à un stade plus précoce de préparation : 82 % des entrepreneurs interrogés ne disposaient pas encore d'un outil de facturation électronique conforme à cette date, alors que 76 % avaient déjà entendu parler de la réforme.

Ces deux chiffres viennent d'enquêtes commandées par des acteurs privés du secteur (un réseau d'experts-comptables pour l'une, une néobanque pour l'autre) — ce ne sont pas des statistiques officielles de la DGFiP. Elles restent cohérentes entre elles et donnent une photographie fiable d'un marché où une part significative des plus petites structures n'avait, au moment de ces enquêtes, pas encore engagé sa mise en conformité.

Une quatrième étude chiffre le risque financier du retard, pas seulement son ampleur

Les études ci-dessus mesurent combien de dirigeants ont choisi une Plateforme Agréée. Une étude menée par l'institut IntoTheMinds pour Dext (elle-même Plateforme Agréée, à lire avec la même prudence méthodologique que les études précédentes) — 500 TPE-PME françaises de 1 à 249 salariés interrogées du 16 au 22 avril 2026, tous secteurs confondus — mesure autre chose : l'inaction totale. Résultat, à cette date : 26,1 % des dirigeants interrogés n'avaient engagé aucune démarche de mise en conformité, ni choix de plateforme ni même diagnostic préalable. C'est un chiffre cohérent avec le 36 % de l'étude Ifop/Cerfrance ci-dessus (qui mesure spécifiquement l'absence de choix de plateforme), mais qui capture un retard plus large : n'avoir rien engagé du tout, pas seulement ne pas avoir tranché entre deux options.

La même étude chiffre un ordre de grandeur du risque financier cumulé pour les TPE-PME françaises qui ne seraient pas en mesure de recevoir ou d'émettre leurs factures à temps : plus de 17,2 milliards d'euros. C'est une estimation d'un acteur privé du secteur, pas une donnée officielle de l'administration fiscale — à prendre comme un ordre de grandeur sectoriel, pas comme un montant de sanctions effectivement appliqué à ce jour.

Marine Desbans, directrice générale de Dext France, résume ainsi le risque de calendrier : « Nous nous dirigeons vers un véritable embouteillage administratif à la rentrée », en rappelant qu'il n'y aura pas de délai de grâce dans la mise en place de la réforme — un avertissement sur le calendrier, à ne pas confondre avec la doctrine de tolérance de l'administration pour une entreprise déjà engagée de bonne foi, détaillée dans notre guide sur ce que risque une entreprise pas encore prête.

Autre signal de la même étude, relayé par Lexia Conseil : plus de 55 % des dirigeants interrogés ignorent le montant des sanctions financières auxquelles ils s'exposent, et près de 30 % ignorent jusqu'à leur existence — le retard d'action mesuré plus haut tient autant à une méconnaissance du risque réel qu'à un choix reporté en connaissance de cause.

Un troisième baromètre confirme le retard, avec un net contraste selon le métier

Un troisième baromètre, publié en juin 2026 par Indy — elle-même Plateforme Agréée, à lire avec la même prudence méthodologique que les deux études ci-dessus —, confirme ce retard : selon son « Baromètre de la facturation électronique 2026 », qui croise des données publiques DGFiP/INSEE avec les données d'usage de plus de 100 000 indépendants clients d'Indy, seule 1 entreprise sur 6 était inscrite à une Plateforme Agréée à trois mois de l'échéance, en juin 2026. Le rythme d'inscription a toutefois nettement accéléré sur la période : le nombre d'entreprises inscrites serait passé de 375 000 en décembre 2025 à 1,1 million en mai 2026, soit une progression de l'ordre de 300 % en six mois.

Ce même baromètre est le premier à décliner ce retard par profession. Les indépendants et freelances (environ 60 % inscrits), les agents immobiliers (environ 50 %) et les artisans du BTP (environ 45 %) sont les profils les plus avancés. À l'inverse, les avocats, les propriétaires en SCI ou en location meublée (LMNP) et les chauffeurs de taxi ou VTC affichent le retard le plus net — des professions dont l'activité, souvent tournée vers des particuliers ou perçue comme relevant d'un cadre réglementaire distinct, entretient un faux sentiment de non-concernement vis-à-vis de la réforme.

Le chiffre officiel de la DGFiP : 26 % d'inscrits à l'annuaire central au 6 juillet 2026

Les deux études ci-dessus sont commandées par des acteurs privés. Un chiffre officiel existe désormais, donné par la DGFiP elle-même : sur la cible d'environ 4 millions d'assujettis à la TVA devant être référencés dans l'annuaire central avant le 1er septembre 2026, environ 26 % avaient désigné une plateforme de réception au 6 juillet 2026 — soit près de 2 millions d'entités enregistrées dans l'annuaire au total (entités publiques comprises), dont un peu plus d'un million d'assujettis à la TVA proprement dits. 138 Plateformes Agréées étaient immatriculées à cette même date.

Le chiffre a été donné par Sébastien Rabineau, chef de la mission Facturation électronique à la DGFiP, aux côtés de Virginie Roitman, lors de la conférence d'ouverture de la Grande journée de l'innovation organisée par l'Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, le 6 juillet 2026. Choisir une plateforme et être effectivement référencé dans l'annuaire central sont deux étapes distinctes : le chiffre Rabineau mesure la seconde, plus stricte, ce qui explique en partie l'écart avec le 63 % déclaratif de l'étude Ifop/Cerfrance citée plus haut.

Au 1er août 2026, ce chiffre du 6 juillet date de trois semaines et il reste un mois avant le 1er septembre 2026. Un chiffre de retard n'est pas une annonce de sanction automatique : la doctrine de tolérance de la DGFiP s'applique aux entreprises de bonne foi engagées dans leur mise en conformité — ce chiffre sert de point de repère, pas de motif de panique.

Le 1er septembre 2026, jour J : où en est-on vraiment ?

À quatre jours de l'échéance, un sondage OpinionWay pour Tiime auprès de 401 indépendants et dirigeants de TPE de moins de 20 salariés (terrain du 3 au 11 août 2026), relayé fin août par plusieurs médias économiques, chiffre à 58 % la part des entreprises ayant choisi une Plateforme Agréée — soit environ 4,2 millions sur les quelque 7 millions d'entreprises actives — contre 36 % fin juillet. Comme les études Ifop/Cerfrance et OpinionWay/Qonto citées plus haut, c'est un sondage déclaratif commandé par un acteur privé du secteur, pas une donnée administrative comme le chiffre Rabineau de la DGFiP : les deux mesurent des choses différentes (déclaration d'intention contre inscription réelle à l'annuaire), mais racontent la même trajectoire d'accélération sur l'été.

La même étude confirme, chiffres à l'appui, l'écart déjà visible dans l'étude Ifop/Cerfrance plus haut sur cette page : 46 % des statuts individuels (auto-entrepreneurs, micro-entreprises, entreprises individuelles) s'attendaient à être prêts à temps, contre 72 % pour les sociétés (SASU, SARL, SA) ; et 50 % des entreprises sans salarié contre 81 % pour celles de 10 à 19 salariés. Autre chiffre marquant de cette même étude : 64 % des répondants déclaraient, début août 2026, facturer encore avec un outil bureautique non spécialisé (Excel, Word) ou à la main, plutôt qu'avec un logiciel de facturation dédié.

Vous avez peut-être vu passer, à la même période, des titres nettement plus pessimistes évoquant à peine une entreprise sur cinq prête à la veille de la réforme. Nous n'avons pas pu vérifier la méthodologie précise de ces articles à ce jour, et préférons le dire plutôt que d'avancer une explication non confirmée : ce n'est ni une confirmation ni un démenti du chiffre de 58 % ci-dessus, seulement un autre chiffre de presse à prendre avec la même prudence méthodologique que les sondages privés cités sur cette page. Pour votre propre situation, le repère le plus solide reste le chiffre officiel de la DGFiP détaillé plus haut.

Un mois après l'échéance : deux baromètres distincts, à ne pas confondre

Un baromètre Ipsos BVA commandé par Payt — éditeur de logiciel de recouvrement de créances B2B, commanditaire du sondage, pas une Plateforme Agréée — a interrogé 400 PME et ETI françaises avant l'échéance du 1er septembre 2026 (enquête menée et publiée au printemps 2026) sur leur niveau de préparation déclaré. Résultat : 29 % des dirigeants se disent pas vraiment ou pas du tout prêts, et 7 % supplémentaires ne savent pas situer leur propre niveau de conformité — soit 36 % cumulés qui ne sont pas prêts ou l'ignorent, contre 64 % qui se déclarent opérationnels. Un chiffre d'intention antérieur à l'échéance, pas un bilan de ce qui s'est réellement passé en septembre.

Ce chiffre n'est pas directement comparable au 58 % de « prêtes » du sondage OpinionWay/Tiime cité plus haut sur cette page : les deux enquêtes n'interrogent pas le même public (PME et ETI ici, contre TPE et indépendants pour Tiime) ni exactement la même question (prêt déclaré contre pas-prêt ou incertain) — deux photographies de publics différents, pas une contradiction.

Un second baromètre Ipsos BVA, distinct du premier malgré le nom d'institut partagé, a été commandé cette fois par Kolecto — Plateforme Agréée du groupe Crédit Agricole, donc elle-même acteur direct du marché qu'elle mesure, à lire avec la même prudence méthodologique que les autres baromètres d'éditeurs déjà cités sur cette page (Indy, Dext). Relayé par une dépêche AFP publiée le 1er octobre 2026, c'est cette fois un bilan du vécu réel après l'échéance, pas une déclaration d'intention : 21 % des entreprises interrogées déclarent avoir rencontré des bugs ou incidents techniques en septembre 2026, contre 64 % qui redoutaient ce scénario avant le 1er septembre — un écart net entre la crainte et le vécu, dans la continuité d'un bilan que la dépêche elle-même qualifie de « plutôt rassurant ».

Ce même baromètre Kolecto chiffre aussi les difficultés côté partenaires commerciaux : 34 % des entreprises interrogées, tous secteurs confondus, déclarent avoir eu affaire à des clients ou fournisseurs non prêts, contre 59 % qui l'anticipaient — un chiffre qui grimpe à 56 % dans le seul secteur industriel, soit 22 points de plus que la moyenne. Enfin, seules 14 % des PME interrogées se disent prêtes pour la phase suivante de la réforme, qui impose l'émission de factures électroniques et l'e-reporting aux PME, TPE et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027 : le prochain rendez-vous de ce guide ne portera plus sur l'échéance de réception 2026, désormais passée, mais sur cette préparation à l'émission 2027.

Réception 2026, émission 2027 : deux échéances à ne pas confondre

L'obligation de réception des factures électroniques est universelle et s'applique au 1er septembre 2026 : toute entreprise assujettie à la TVA, quelle que soit sa taille, doit pouvoir recevoir une facture électronique via une Plateforme Agréée à cette date. L'obligation d'émission, elle, est échelonnée selon la taille de l'entreprise : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.

Une TPE en retard n'a donc pas, dans l'immédiat, à émettre elle-même des factures au format électronique — mais elle doit être en mesure d'en recevoir, ce qui suppose d'avoir choisi une Plateforme Agréée et d'être référencée dans l'annuaire central. C'est précisément ce choix que les deux études et le chiffre DGFiP ci-dessus montrent encore non fait chez une part importante des plus petites structures.

Le plan pour rattraper le retard, en quatre étapes

Un constat de retard ne sert à rien sans plan d'action. Si votre entreprise n'a pas encore choisi de Plateforme Agréée, quatre étapes concrètes, dans l'ordre : un, diagnostiquez votre profil exact (taille, échéance d'émission, cas particuliers) avec le simulateur ; deux, choisissez une Plateforme Agréée parmi celles recensées sur le comparateur, en regardant au minimum le prix d'entrée et la compatibilité avec votre outil de facturation actuel ; trois, prévenez votre expert-comptable pour caler qui administre le compte ; quatre, suivez la checklist de mise en réception du guide « Recevoir des factures électroniques dès septembre 2026 » pour ne rien oublier avant l'échéance.

Le choix d'une plateforme et l'inscription à l'annuaire central ne sont pas instantanés : ils demandent un délai de traitement, puis un test de réception avec un premier fournisseur. Plus ce choix est engagé tôt, plus la marge pour ce test est confortable.

Questions fréquentes

Q.Combien de TPE ont déjà choisi leur Plateforme Agréée ?

Selon une étude Ifop pour Cerfrance menée en avril 2026 auprès de 600 dirigeants, 63 % avaient déjà choisi une Plateforme Agréée, contre 36 % qui ne l'avaient pas encore fait à cette date. L'écart est net selon la taille : 70 % pour les entreprises avec au moins un salarié, contre 61 % pour les entreprises individuelles.

Q.Les TPE sont-elles vraiment en retard sur la facturation électronique ?

Une part importante, oui, selon les données disponibles début 2026 : une étude OpinionWay pour Qonto (mars 2026) indique que 82 % des dirigeants de très petites entreprises interrogés n'étaient pas encore équipés d'un outil de facturation électronique conforme. Ce chiffre vient d'une étude sectorielle privée, pas d'une statistique officielle de l'administration fiscale.

Q.Dois-je pouvoir émettre des factures électroniques dès le 1er septembre 2026 ?

Pas si vous êtes une TPE, une PME ou une micro-entreprise : votre obligation d'émission démarre le 1er septembre 2027. En revanche, l'obligation de réception s'applique à toutes les entreprises assujetties dès le 1er septembre 2026, quelle que soit leur taille.

Q.Je n'ai pas encore choisi de Plateforme Agréée : est-ce grave ?

Ce n'est pas trop tard, mais chaque semaine sans choix engagé réduit la marge pour tester la réception avec un premier fournisseur avant l'échéance. Le comparateur permet de choisir une plateforme parmi celles immatriculées par la DGFiP, et le simulateur aide à cadrer votre profil avant de comparer.

Q.Ces chiffres de retard viennent-ils de l'administration fiscale ?

Les deux études Ifop/Cerfrance et OpinionWay/Qonto sont des enquêtes sectorielles commandées par des acteurs privés — un réseau d'experts-comptables pour l'une, une néobanque pour l'autre — pas des statistiques officielles de la DGFiP. Un chiffre officiel existe cependant : selon la DGFiP elle-même, environ 26 % des assujettis à la TVA avaient désigné une plateforme au 6 juillet 2026, sur une donnée d'inscription réelle à l'annuaire central plutôt qu'une déclaration d'intention.

Q.Les petites entreprises sont-elles plus en retard que celles avec des salariés ?

Oui, selon l'étude Ifop pour Cerfrance : les entreprises comptant au moins un salarié étaient nettement plus avancées (70 % avaient choisi leur Plateforme Agréée) que les entreprises individuelles sans salarié (61 % seulement).

Q.Quel pourcentage d'entreprises est vraiment inscrit à l'annuaire central de la facturation électronique ?

Selon la DGFiP elle-même, environ 26 % des assujettis à la TVA visés par l'obligation avaient désigné une plateforme de réception au 6 juillet 2026, sur une cible d'environ 4 millions d'assujettis — soit près de 2 millions d'entités au total enregistrées dans l'annuaire, entités publiques comprises. Ce chiffre, donné par Sébastien Rabineau (DGFiP) le 6 juillet 2026, mesure l'inscription effective, une étape plus stricte que la seule intention déclarée dans les études privées. À quatre jours de l'échéance, un sondage privé (OpinionWay pour Tiime, fin août 2026) avance de son côté un chiffre déclaratif de 58 %, non directement comparable au chiffre officiel mais cohérent avec la même dynamique d'accélération.

Q.Certaines professions sont-elles plus en retard que d'autres sur la facturation électronique ?

Oui, selon un baromètre publié par l'éditeur Indy (lui-même Plateforme Agréée) en juin 2026 : les freelances (environ 60 % inscrits), les agents immobiliers (environ 50 %) et les artisans du BTP (environ 45 %) sont les profils les plus avancés. Les avocats, les propriétaires en SCI ou en LMNP et les chauffeurs de taxi ou VTC affichent au contraire le retard le plus net — souvent parce que leur activité, orientée vers les particuliers ou perçue comme périphérique à la réforme, entretient un faux sentiment de non-concernement.

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